mardi 3 mai 2011

A Wicked Relationship

En prime time sur votre blog préféré, une guest star ce soir: Clément Leroy!

Vous vous souvenez des galères tasmaniennes? Particulièrement le van, WICKED. Eh bien il y a des gens qui ont souffert encore plus que moi. Il y a des gens qui ont passé plus d'un MOIS dans un van wicked. Et ils sont là ce soir, pour en témoigner.
Je laisse donc la parole à Clément:



A WICKED RELATIONSHIP



Etre dans un Wicked, c’est comme vivre une relation amoureuse. Des hauts et des bas, des moments incroyables comme des moments d’angoisse, de la maladresse de la première fois à la déchirure de la séparation. Une relation complète, une vie de couple bien remplie quoi !

Après 38 jours de Wicked, je me sens comme un vieillard radotant sur ses conquêtes de jeunesse. Un vieux routard, avec au compteur :
6 jours en Tasmanie
11 jours de Perth à Adelaïde
11 jours d’Adelaïde à Sydney
10 jours en Nouvelle-Zélande
Mieux que le vétéran du Viet Nam, voici le vétéran du Wicked, Castor d’Or dans le jargon du road trip !

De mon point de vue masculin donc, et de la crédibilité que m’accorde le titre de Castor d’Or, je vais pousser la comparaison entre la wicked relationship et la couple relationship jusqu’au bout.

1) D’abord, la rencontre

Il faut arrêter de se voiler la face, oui, je l’avoue, le physique fait presque tout lors de la première rencontre. Les blablas sur l’importance de la personnalité, de l’humour et du charme, à la trappe ! Comme un mec comme les autres, la première chose que je « mate » chez une fille et bien c’est… son cul.
L’aveu fait, il en est de même pour le Wicked van. L’intérieur n’a que peu d’importance, le premier regard se porte sur la carrosserie, le calibre et surtout l’arrière train de l’engin.
Mais là, oh miracle, la wicked relationship permet au premier coup d’œil au dragueur de van de mater le postérieur tout en cernant la personnalité du véhicule. Car oui, sur son délicat fessier est aussi tatouée sa philosophie de vie !
« Superman was adopted »
« Mr T doesn’t breathe, he holds air hostage »
“If you can’t ride it or take it to bed, it’s not worth having”
“It’s white, it’s powder and it’s legal” et autres.
Imaginez un peu que sur l’arrière du jean d’une fille soit écrit:
« Je suis belle, mais qu’est ce que je suis chiante »
« Attention possessivité envahissante »
Ou « J’ai plus besoin d’un psychiatre que d’un amant »
Ça simplifierait bien des choses… Peut être un concept à développer à l’avenir ?
Mais hélas, ou heureusement, comme dans la vraie vie, on n’obtient pas forcément la cible originelle. Le super van Harry Potter avec turbo réacteur, écran plasma et jacuzzi intégré n’est pas à la portée de tout le monde ! Surtout, comme dans une relation de couple, on n’est jamais vraiment deux dans une wicked relationship. Il y a les amis, la famille et autres dont l’avis et les actions influencent grandement la formation de la relation.

A Wicked donc, rien n’est jamais facile ni direct. On passe 3 heures à décider du nombre de vans, du nombre de places dans le van, à séparer le prix en 3, en 4, en 7 en retenant 2 et en divisant par 11 et soustrayant 500. En fait non, en divisant par 2 puis par 22, mais seulement pour 4 personnes. Bref, le casse-tête !
Avec une fille, c’est pareil. Bien sur, il y a la rencontre en boîte de nuit où tout se fait directement et en 2 secondes. Mais le plus souvent, c’est un processus de longue haleine impliquant 3 cafés (je paye les 2 premiers, elle paye le troisième ?) puis le cinéma, le resto (je paye, on partage ?) avec les amis qui soutiennent (Vas-y, elle a l’air d’être une fille bien) et d’autres un peu moins (Mouai, t’implique pas trop quand même hein !)
Surtout, on se retrouve toujours avec des coûts inattendus :
La taxe spéciale désert, la taxe carte bancaire, la taxe jeune conducteur, la taxe anti-kangourous… C’est comme découvrir que sa « date » du moment a beau être très mignonne, elle habite en banlieue et le ticket de RER coûte 7 euros aller-retour puisque, bien sur, elle habite en zone 3 alors que ton passe navigo couvre la 1 et la 2…

Bref, avec tout ça, on y est enfin, au moment fatidique : le premier baiser ou le symbole de la mise en couple. C’est maladroit, on ne sait pas trop où mettre sa main dans son dos, avec quelle intensité il faut presser sur les lèvres de l’autre. Mais le sentiment d’excitation est bien là ! Pareil avec le Wicked, où peut-on bien mettre tous ces sacs qui nous encombrent ? Où est le contact pour la clé ? Avec quelle intensité faut-il presser sur l’accélérateur ?
Oups, pardon pour le départ un peu brusque, « la pédale était coincée » !
Car oui, on l’est tous, un peu coincé, lors de notre premier baiser.

2) Ensuite, la mise en route, le début de l’expérience

Les premiers temps, tout est toujours rose au Pays des Bisounours, on plane sur son petit nuage !
Tout parait incroyable, marcher la main dans la main dans la rue suffit à rendre béat, on découvre les goûts de l’autre. C’est aussi l’époque où on fait attention à tout pour plaire à l’autre : invitation au restaurant, toujours avec sa plus belle chemise, 7 couches de déodorant et de parfum, sous-vêtements irréprochables, aucun écart de langage. On se sent tout fier à marcher aux côtés de sa « date », on a l’impression que le monde entier nous envie.

En Wicked, même histoire. On découvre la conduite à gauche, la cuisine au gaz sur le réchaud, les chansons de la playlist sonnent nouvelles et belles aux oreilles. Surtout, on range bien son sac, on ne laisse pas trainer ses affaires partout. On fait bien attention à ne pas salir le van, on retire ses chaussures avant de monter, on fait le plein de nourriture dans le « frigo » avec un rangement alphabétique des aliments, on fait le plein d’essence, d’eau.
On est fier de son van Wiked, on roule les fenêtres ouvertes et la musique à fond avec l’impression que tous les gens (bon, ok, pas grand monde car on est dans le bush australien) se retournent sur notre passage et envient notre relation éclatante et fusionnelle des premiers instants.
On prend vite la confiance, allez hop on retire la ceinture et on s’assoit sur les sacs pour être plus proche du conducteur, plus proche de l’autre, on se sent pousser des ailes.

Au début, on peut faire des centaines de kilomètres sans sourciller, avec toujours ce sentiment d’excitation que l’on va vivre un moment extraordinaire à l’arrivée. Idem encore en couple : « Putain, faire 1h30 de métro (il y a grève) pour aller voir une troisième fois Avatar (qui est une daube) avec elle… YEAAAH, trop excité ! »
On se contente d’un rien. On se bat pour faire les corvées, juste pour plaire à l’autre et parce que, oui, au début, ça fait vraiment plaisir de dire « Non non, je t’assure, ça me dérange pas de venir chez toi alors qu’il est minuit et qu’il n’y a plus de bus (merci Sydney) ». C’est comme dire « Non, non, laisse moi conduire les 500 prochains kilomètres, je me sens bien là au volant au milieu du désert ! ». Ou, dans les deux cas, la fameuse réplique : « Laisse, je vais faire la vaisselle, j’ai envie. ».

Avec tout ça, on commence à bien se connaître et on commence surtout à vouloir que la relation aille un peu plus loin… vous voyez surement de quoi je veux parler. Il y a des prémices, des tentatives : dormir l’un contre l’autre lors d’une sieste sur un canapé, un baiser un peu plus passionné qui sous-entend beaucoup… on s’allonge plutôt que l’on s’assoit à l’arrière du van, une tête qui repose de façon plus appuyée sur le siège…

3) La première fois

Oui, le voilà le véritable moment fatidique, le rêve comme le plus grand stress dans une relation, la première nuit ensemble, la première fois.
Il commence à se faire tard, la nuit est déjà bien tombée. Pourtant, on passe en revue tous les sujets de conversations possibles et imaginables pour retarder l’instant où tout va basculer, tout en ne rêvant que d’une chose : savoir enfin ce que cela fait de coucher avec quelqu’un, de coucher dans un Wicked.
Au début, c’est maladroit, approximatif. On se sait pas trop, trop de choix, trop de choses à penser : pyjamas ou directement en caleçon ? Nuisette sexy pour elle ? Pareil dans le Wicked, on maintient les apparences, on met son pyjama le plus propre et on cache son nounours. On fait quelques approches, un siège repoussé par ici un matelas posé là, une personne ici, une autre là, un bras posé à cet endroit là, caresse ici, bisous dans le cou, sur la gorge…
Puis ça s’emballe ! On retire ses vêtements à toute vitesse et on se colle à l’autre/ on pousse tous les sacs, met tous les matelas en alignement parfait.
Ça y est, on est en contact direct avec la personne, peau contre peau, allongé l’un sur l’autre. On ne fait plus qu’un avec le matelas du van, on ressent toute la physionomie de la portière, de la poignée qui s’enfonce dans son dos à la cache où l’on peut glisser sa main…

Puis, vient le moment le plus gênant… On est nu, mais il faut le fameux « tue l’amour », le préservatif. Dans le van, on a cru aussi que le sac de couchage n’était pas nécessaire. Alors, on se contorsionne pour s’enfiler dans le sac de couchage tout en ne bousculant pas trop les gens qui dorment à côté ! Une vraie gymnastique, ou au final, on se rend compte qu’on l’a mis à l’envers… et que tout est à refaire. L’autre/ les autres ne protestent pas mais n’en pense pas moins. Du coup, le moment est un peu passé, mais tant d’efforts ont déjà été faits que l’on continue tout de même.
C’est enfin le feu de l’action. On se sent serré, on a chaud, très chaud, le sac de couchage gêne mais sans, c’est le risque d’attraper froid (ou d’autres maladies moins drôles). On est au plus proche de l’autre, au plus proche du van, des corps imbriqués les uns dans les autres, des maladresses aussi avec un coude ou un pied qui finit on se sait comment dans le visage de l’autre !
On tente les positions les plus connues, la tranche ou la quinconce, on ne fait pas vraiment dans l’originalité. On fait des mouvements avec son corps qu’on ne se croyait pas capable de faire. On passe des soupirs de plaisir quand on trouve un agencement qui fonctionne, on grimace quand tenir la position devient douloureux. On a envie de parler à l’autre/ aux autres, de lui/leurs dire de se mettre comme ci ou comme ça, mais on n’ose pas s’exprimer si directement alors la communication reste très primaire :
« Oui ! Oh oui ! » « Non non non »
« Attends, comme ça c’est mieux »
« Si je mets mon bras ici… »
« Nooon, pas avec les pieds ! »
Finalement, vient le moment de la libération…
On s’endort.


La première fois en Wicked, c’est comme avec en couple : c’est un peu douloureux, et surtout c’est toujours trop court !
« Déjà ? » dit l’habitant déçu du Wicked alors que son réveil sonne et qu’il n’a dormi que 3 heures. La nuit/le moment ont été trop courts, mais aussi trop longs à la fois : on se sent fatigué, courbaturé.
« Déjà ? », mais en même temps on ne regrette pour rien au monde l’expérience (ou alors on regrette beaucoup !) et surtout on a hâte d’améliorer la prochaine fois !

4) La routine

Les jours passent. La magie des premiers instants disparait peu à peu. On s’habitue à tout même à une relation wicked et derrière tous les bons côtés on voit de mieux en mieux se dessiner les défauts de l’autre. Surtout, on ne cherche plus vraiment à maintenir les apparences.
Faire des efforts d’habillement d’abord : fini les tee-shirts propres et fashion, la petite nuisette sexy et tout le tralala. Bonjour les survêts’ informes, troués de partout, les chaussettes pour aller au lit et le tee-shirt que l’on met 4 jours de suite, nuits et jours. On fait moins attention, on ne range plus sa chambre avant que l’autre ne vienne/ on balance ses affaires aux 4 coins du van sans viser son sac.
La playlist ne semble plus aussi nouvelle, on commence à se lasser de certaines chansons comme on se lasse facilement des petites manies et des obsessions de sa partenaire.
« J’ai VRAIMENT envie de prendre une douche ».

L’excitation est retombée, même faire 10 minutes de marche pour la voir est un fardeau. On ne se bat plus pour conduire, au contraire ! Toute occasion est bonne pour laisser le volant à quelqu’un d’autre : pause déjeuner, pause toilettes, pause tout court ! La route qui semblait si belle, si pleine de surprises est dorénavant une longue ligne droite de bitume jaune qui se confond avec le désert qui l’entoure.
Les défauts de l’autre deviennent pesants : les goûts de luxe, la gourmandise… On devient réticent à faire un plein d’essence à 100 dollars par jour pour son Wicked van chéri, on devient radin. Le frigo est à moitié vide, la bombonne d’eau aussi, on l’invite moins au resto, on reste chez soi devant la télé.
Il ya aussi ce qu’on découvre de pas forcément plaisant en son partenaire : un ex encore trop présent, des habitudes de vie opposées (couche tôt/tard, lève tôt/tard), des problèmes de direction qui manque d’envoyer l’ensemble de la relation dans le décor…
Les mésaventures aussi, les crises de jalousie, les crises naissant d’un manque d’intimité, les pannes aussi : de batterie, d’essence, sexuelles…
En clair, la route se fait chaotique, on fatigue. On s’aperçoit alors que sa relation n’est pas aussi unique. On regarde les autres Wicked sur la route, matant discrètement leur arrière train, on envie leur philosophie de vie si différente. On commence à regarder ailleurs quoi.

Mais tout n’est pas aussi noir. La relation murit aussi. On sait ce qui plait à l’autre comme on sait que le van surchauffe lorsque la pente se fait trop prononcée. On sait que la playlist poubelle fait toujours son petit effet, on sait que sa partenaire ne supporte pas les poils sur le sol de sa douche… On fait des efforts, on persévère, on mange des pâtes et de la purée tous les jours mais c’est parce que, au final, on est bien avec son van !
Les nuits aussi prennent une autre saveur. On gagne en originalité, on tente des positions nouvelles : à l’envers, de ¾, à 2, 3 ou 4, sans les mains (ankylosées par le manque d’afflux sanguin), 1 devant, 3 derrière… avec succès ou alors pour les pires nuits imaginables ! Mais tout de même, on gagne en endurance, les nuits apportent de plus en plus de satisfaction malgré les ratés. Oui, bon, j’avoue, les nuits en Wicked ont rarement été reposantes, mais lorsque l’on a renoncé à ne pas avoir mal au dos et accepté de perdre l’usage de ses bras, ce n’est pas si terrible.
Surtout, contrepartie du manque chronique d’intimité, la communication se fait beaucoup plus claire et directe :
« Bouge ! »
« Mais non, pas comme ça ! »
« J’ai VRAIMENT pas beaucoup de place ! »

La relation va donc son cours, avec ses hauts et ses bas. Mais une relation si fusionnelle, ça use, et on en vient à rêver de sa vie de célibataire !

5) La séparation ou la rupture

Et oui, même les plus belles histoires ont une fin et les relations Wicked n’échappent pas à la règle. Comme pour un couple, les raisons sont multiples : défaillance technique, incompatibilité de caractères, rencontre d’un nouveau van Wicked qui à l’air bien mieux, ou tout simplement la fatigue et l’usure de la vie ensemble.
La séparation, comme entre deux personnes, est en soit un acte rapide. Il ne suffit que d’une parole (parfois ponctué d’un geste portant atteinte à l’intégrité physique). A Wicked, il suffit de rendre les clés : 1 minute top chrono alors qu’il a fallut plus de 3h pour obtenir le van… De quoi enrager, la vie est parfois très injuste.
Mais comme toujours, c’est surtout tout ce qui est lié à la séparation qui est douloureux. Il faut, pour reprendre l’expression populaire, « laver son ligne sale en public ». Et bien là, littéralement, le van doit être lavé de fond en comble et il n’est pas rare d’ailleurs de retrouver des sous-vêtements à la propreté douteuse dans des endroits improbables. Etre en couple, c’est aussi s’assoir sur des histoires et des sujets de dispute qui ressurgissent aussitôt que la séparation se fait. C’est encore littéralement le cas en Wicked : on passe 10 jours à être assis sur on ne sait pas trop quoi, et à l’heure de rendre le van on se rend mieux compte de pourquoi la relation commençait à sentir bien mauvais ! (Oh, la fuite d’huile et de pesto dans le « frigo » ! Oh, ma vieille serviette mouillée !)
C’est plein de souvenirs aussi, une chanson qui est liée à un instant magique ou un délire, un siège favori dans le van, une position brevetée pour dormir… Bref, c’est une déchirure aussi, c’est un petit souvenir sur roues que l’on laisse derrière soir. Il faut « se souvenir des belles choses » !

Mais il faut faire attention aussi à ne rien oublier derrière soi ! Rien de plus gênant que de devoir récupérer toutes ses affaires chez son ex, et bien c’est la même chose chez Wicked et même pire ! Car, au contraire de votre ex qui les aurait surement brulées, les équipes de Wicked vont laisser vos affaires à la disposition de tous les prochains loueurs, dans la fameuse étagère « Free stuff »…
Enfin, c’est savoir que d’autres personnes vont vivre bientôt une wicked relationship avec son ex-van. Il faut gérer la jalousie, s’assoir sur sa fierté en se disant que, même si l’expérience était unique, elle n’était et ne sera pas exclusive.
« Vous croyez qu’on peut racheter notre Wicked ? »

J’écris donc ces mots en célibataire Wicked. Comme tout vrai nouveau célibataire, après la récente rupture, je retrouve mon lit simple qui semble bien vide. En s’allongeant, le sentiment est incomparable : la solitude, la perte d’un repère, mais aussi un certain soulagement et surtout, surtout, un espoir…

… L’espoir que le prochain Wicked sera The Wicked, le bon. Le Wicked de ma vie avec qui je gambaderais (enfin, roulerais) nu dans les prairies, heureux, jusqu’à ce que la mort nous sépare (ou la casse pour le pauvre van).
AMEN.





Thanks to Clément for the article.
Thanks to Marie SM and Juliette for the photos.

dimanche 1 mai 2011

Can(’t) be(a)r rrrrrrrha !

« Je vous envoie une carte de la ville la plus ennuyante au monde, Canberra » : paroles véridiques, qu’on peut encore trouver gravées sur une carte postale, magnétisée sur le frigo de mes parents, à l’autre bout du monde.

Canberra, c’est :
- Une ville en plein milieu du wild australien. « Nous arrivons à Canberra, veuillez ne rien laisser dans l’autocar ». Juliette : « Hein ?? Où ça Canberra ? On est en plein milieu d’un champ ! » Ah, attendez, je vois une maison… Non, deux !
- Autant dire : Canberra = un grand village (population : 200 000 habitants. Montpellier et une partie de son agglo donc… LOL).
- Beaucoup d’herbe, encore de l’herbe, du gazon et puis de l’herbe…
- Pas de boutiques/cafés/restaurants ouverts après 17h.
- Des bus circulant à intervalle d’une heure.
- La gallérie d’art la plus petite de l’histoire des galléries d’art (hormis peut-être le Nicholson Museum de Sydney Uni qui fait la taille monumentale… d’une pièce d’une trentaine de mètres carrés !).
- Des gens adorables, mais inexistants ! Croiser un homme (ou une femme) dans la rue relève de l’impossible.
- Aucun étudiant de Sciences Po en échange à ANU (et 3 en Tasmanie l’année prochaine, autant dire la honte. Régine, cette fois ci nous allons définitivement perde le partenariat avec Canberra!)


Alors pourquoi Canberra ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoiiiiiii ?

Parce que ce n’est pas loin de Sydney, trois heures en bus à peine. Parce que ce n’est pas cher. Et parce que ce serait dommage de ne pas visiter la vraie capitale de l’Australie, avant de partir.
Le lendemain de mon anniversaire donc, nous nous étions embarqués dans un petit voyage vers Canberra.

Des joies du couch surfing
Pour une fois nous ne logions pas dans un backpacker : nous nous essayions au couch surfing. C’est un peu comme loger chez l’habitant dans Pékin Express : on découvre les coutumes locales, on s’émeut de l’hospitalité des « locaux ». Mais bon, en plus improved quoi : trois gars complètement délurés avaient posté une annonce sur le web à laquelle nous avions répondu. Après un court trajet en taxi nous étions donc à la porte de ces garçons (dont hélas, j’ai déjà oublié les prénoms… Faisons comme si mon comportement erratique de ces dernières semaines n’existait pas…), qui n’étaient en fait que deux. Une grande maison, des canapés volonté et un froid glacial dans toutes les pièces.

C’était sans aucun doute l’un des aspects les plus réjouissants du voyage. Non, pas le froid non (vous m'avez vu?). Je parlais bien de l'hospitalité des jeunes ACT-yens. Nous étions complètement immergés dans le mode de vie des jeunes de ACT (Australian Capital Territory) : house party le jour même de notre arrivée (à nous faire griller les miches sur un brasero géant. Autant dire qu’il a fallut m’arracher de force à ce brasier. Je m’y étais collée à me faire décoller les semelles de mes ballerines), soirée dans les pubs et boîtes du Civic (que j’ai lâchement évité, tombant de fatigue, je m’étais refugiée au fin fond de ma couette pendant que tous les autres « sortaient »). C’était aussi l’occasion de cuisiner une omelette avec eux, puis de leur préparer les fameuses pancakes à la Brian, le jour de notre départ.

Cheap, convivial, une expérience vraiment chouette. Certes, on peut aussi tomber sur n’importe quoi. Les français, embarquésen NZ en ce moment même, ne sont pas restés chez leurs couch-hôtes plus d’une heure. Pourquoi ? Suspens. On nous a promis une belle histoire à leur retour. Nous, les exilés de Sydney, nous l’attendons toujours.


Du tourisme à Canberra :

Hormis les sorties avec les Canbéréens, nous avons quand même fait un peu de tourisme à Canberra. Il nous a fallut une grosse matinée pour faire tous les points touristiques de la ville :
- Parlement : perché sur une colline, surplombant la ville. Un gros bunker d’acier, dont les couloirs sont désespérément vides et les salles principales du Sénat et de la Chambre des Représentants sont respectivement d’un vert d’eau dégueu et d’un roseâtre suspect.
- Gallérie d’art nationale : quelques Monets sympas, beaucoup d’art contemporain mystérieux et une aile aborigène pleine de petits points blancs. Ok je suis cynique. Ce n’était pas si mauvais.
- War Memorial : la plus grosse blague de l’histoire de l’humanité. Un édifice monumental, beau et majestueux, commémorant les 100 000 morts Australiens dans toutes les guerres. Certes, les morts ne se comptent pas, et ne se comparent pas. Mais tout le tatouin autour de l’ANZAC semble presque ridicule quand on sait que l’URSS seule a perdu plus de 20 millions de soldats dans la Seconde Guerre Mondiale. On ne commémore que ce qu’on a à commémorer : soit pas grand chose.
- Botanic Gardens : ils avaient l’air très beaux. Mais il nous avait fallut plus d’une heure pour les atteindre (à pied, on nous avait dit que c’était « près ») donc nous n’avions eu que le temps de visiter une serre. Devinez laquelle ? TASMANIA, EXPLORE THE POSSIBILITES ! Oui, 6 jours dans la crasse ne nous avaient pas suffit. On voulait retrouver la rainforest qui s’étale de l’autre côté du détroit de Bass.


Et puis c’est tout. On avait vite fait le tour, donc a passé note temps à marcher.


Emptiness : n’ayez pas peur du vide
C’est le sentiment général qui m’est resté après Canberra. Beaucoup de vide : des rues larges, des espaces verts inhabités, zéro passants, et des bretelles d’autoroutes autour du Civic.
Et surtout la légendaire précision des Australiens : « yeah mate, it’s really not far from here ! Like… 10 minutes? » 1h20 plus tard : « Ok les mecs, on n’y arrivera jamais. On laisse tomber, faisons autre chose » (extrait de notre FAILED ATTEMPT de rejoindre la colline surplombant Canberra. On a préféré se rabattre sur la serre tasmanienne des Botanic Gardens).




Ceci dit, ça ne m’a pas empêché de revenir à Canberra un mois plus tard. Toute une nouvelle aventure.

mardi 12 avril 2011

Sydney of Blinding Lights

En descendant du bus à Circular Quay, la nuit tombée (certes il n’est que 19h mais les horloges ont été remises à l’heure d’hiver alors on pleure tous sur le coucher du soleil qui se pointe à 17h30 pile), on est éblouis par les lumières. Le pont est plus vif qu’un sapin de Noël, le CBD est illuminé de milles couleurs et de l’autre côté du Harbour Bridge, la face géante du clown souriant irradie de feux. Les lumières tamisées de l’Opera House se mélangent aux vives lumières des derniers ferrys qui traversent la baie.
Mais loin d’être vulgaire, Sydney est magnifique. Qui conque n’est jamais revenu de l’Opera House et ne s’est pas senti minuscule devant les immenses buildings, qui règnent sur la baie, n’a jamais rien compris à Sydney.

Bon j’avoue, je ne fous pas les pieds à Circular Quay tous les jours. Les services de bus de Sydney en sont en partie responsables (il m’a quand même fallut plus d’une heure pour faire quatre malheureux kilomètres reliant King St à Circular Quay et je pense sérieusement que j’aurais été plus vite en marchant entre Townhall et Circular Quay. Mais je sais qu’à ce stade, j’ai déjà perdu mon lecteur entre les délicieux noms de Quay, Townhall et compagnie, donc j’arrête). Et puis bon, j’ai déjà un panache bien fourni de photos de l’Opera House (de jour, de nuit, face, profil, avec moi devant, avec des inconnus devant, en détail, en gros plan) donc je pense avoir suffisamment arpenté les environs de l’Opéra.

En revanche, je ne m’étais jamais aventurée au delà des toilettes de l’Opéra. Très belles au passage, avec lumières tamisées, cabines légèrement ondulées, et fontaines de granit, servant de lavabo. On s’y sent petit, on s’y sent déplacé avec notre jean dégueu et nos cheveux mal coiffés. Comme si ces toilettes ne pouvaient être arpentés que par des dames d’âge moyen, à la coiffure impeccable et aux petits souliers vernis, de sortie à l’opéra avec leurs vieux maris, venues se repoudrer le nez (en vérité c’est plutôt se remettre du rouge à lèvres. Faisons tomber le mythe : personne ne se repoudre le nez, depuis à peu près 40 ans déjà…).

Aujourd’hui, en exclusivité, alléluia, j’ai pu franchir les portes du paradis. Il m’a suffit de brandir mon petit ticket (qui m’a coûté bonbon) pour accéder à l’intérieur de l’opéra. Une série de couloirs et d’escaliers en colimaçons, entièrement recouverts de velours rouge mènent à une salle très mignonne, assez grande pour un opéra mais parfaite pour un ballet. En étant assise tout en haut, je pouvais distinguer le visage décomposé de Madame Butterfly lorsqu’elle apprenait que son colonel s’en était allé épouser une Barbie aux pays de la bannière étoilée. A Bastille, assise à une place équivalente je n’aurais même pas pu différencier Butterfly du colonel, hein. Sans vouloir cracher !).

Petite étude sociologique : à Garnier ou Bastille, tant qu’on ne vient pas en bikini, tout le monde se fout de notre style vestimentaire. Mais le petit dépliant qui est arrivé dans ma boite aux lettres avec le ticket pour le ballet, faisait cette adorable comparaison : « Imagine you are going to a nice restaurant ». Tu parles ! Robes en strass, Louboutins aux pieds, boucles soigneusement spayés et maquillage impeccable (ment proéminent). Non, je ne me suis pas sentie aussi décalée que dans les toilettes, je vous rassure. J’avais anticipé (on est parisienne, d’adoption, ou on ne l’est pas). L’Australie, toujours dans la sur-mesure. Mais le tout avait un petit aspect posh un peu sympa. Le temps de deux heures je me suis sentie de la haute société australienne. L.O.L. (oui la question est : existe-t-elle vraiment ??).

Pendant deux heures, madame Butterfly a sauté, couru, rampé à genoux, agité un éventail immaculé et a fini par se planter une épée dans le ventre. Morale de l’histoire ?
1. Le suicide est héréditaire (son père avait bien fini par se suicider, ce qui lui a valut de finir geisha).
2. Quelque soit l’époque, et le temps, les hommes sont cons.
3. Ne jamais se marier avec le soldat ennemi. Il finira toujours par rentrer épouser sa Barbie.
Si on enlève mon cynisme, c’était une histoire magnifique. Pleine de tons doux, clairs, de vapeur et d’éventails. Des kimonos aux traînes infinies, qui me faisaient trembler à chaque fois que les pointes de Butterfly s’y emmêlaient, des ombres chinoises suggestives, et du sang sur la scène à la fin. Magique ! Dieu merci, Butterfly, maculée de sang, revient d’entre les morts pour le salut.

Un détour par l’opéra de Sydney en valait vraiment le coup. Même si Butterfly m’a rappelé les méandres de Célia, Irmaa et Emir. Mais en plus dramatique, Irmaa ne se planterait surement pas un katana dans le ventre, pour les beaux yeux d’Emir. Hein.


Random P. P. S. (le premier était composé des aventures de E., I. et C.) : 30 mars 2011 (oui, la veille de mes 22 ans), mon euhntégé m’envoie ceci :

« Mademoiselle,

Vous avez émis le souhait de rejoindre l'Ecole de la Communication en première année à la rentrée 2011-2012 et nous vous en remercions.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre candidature a été retenue et vous demandons de bien vouloir confirmer votre choix de master les 4 et 5 avril sur votre espace Sciences po.

Bien à vous.


Jean-Michel Carlo »


Merci de confirmer une inscription dans un master non sélectif hein. La morale de l’histoire (il y a une toujours une morale) c’est que je suis encore plus volage que tous mes ex réunis. Eh oui, après avoir défendu le journalisme corps et âme, pendant… 7 ans (?), j’abandonne lâchement mes idéaux. Finalement, Darwin avait raison : je suis un être rationnel. Les déboires amoureux ouvrent toujours les yeux sur la vie (enfin je ne dirai pas ça quand je serai en train d’écouter Latour et ses controverses blablabla).

Enfin. Vaut mieux ouvrir les yeux tard que jamais.
Et comme dirait si bien JMC, l’Australie… ce beau pays émergent !

dimanche 27 mars 2011

Randomly Yours

Finalement, je n’aurais pas été piétinée à la Parade de Mardi Gras (et pourtant il y avait du potentiel vu mon ma taille réduite et la foule alcoolisée qui errait dans les rues) et j’ai tellement manqué de motivation ces derniers temps que l’on ne m’a pas beaucoup vu par ici. En mois plus précisément, shame on me.


L’heure du bilan a sonné. Nous voilà devant des choix de master, des entretiens d’orientation, des lettres de motivation et des CV à tout va. On exige de nous des rapports de séjour d’études, alors qu’un quart de l’année est encore devant nous. Et pourtant ce n’est aussi qu’une centaine de jours. Le compte à rebours est lancé.


Alors après avoir blablaté indéfiniment sur mes voyages et mes (maigres) expériences, je me suis dit qu’après tout, je pourrais parler des gens. Oui, oui on connaît le discours de 3A : des rencontres inoubliables, des moments d’exception, des instants magiques … (on dirait une mauvaise campagne de pub). La réalité est toute autre, ami voyageur, étudiant des contrées lointaines. Même à l’autre bout du monde, les gens sont des cons.

Loin de vouloir insulter les charmants Australiens. Certes, je pourrai redire sur leur style vestimentaire et sur leur culture quelque peu… éloignée des réalités internationales. Mais cela ne suffit pas pour condamner un peuple tout entier. Non les cons, aussi surprenant que c’est, ce sont les français. Même à l’autre bout du monde, on trouve le moyen d’être surpris, déçus, dégoutés par des gens. La belle expérience, les moments magiques, tout ce blabla écœurant et dégoulinant d’hypocrisie ne prend tout son sens que lorsqu’il est contrasté à la réalité.
La 3A n’est pas une ouverture. En tout cas pas à Sydney. A Sydney, la 3A est un vase clos, un cercle restreint parmi lequel les gens s’échangent comme de vulgaires objets, les amitiés se trahissent et s’oublient. On peut pleurer, s’énerver, taper du poing et hurler. Mais rien n’y fait.. On pense toujours connaître les gens jusqu’au jour où ils nous trahissent. Comme chantait Tarja Turuen :

Old loves they die hard. Old lies, they die harder.



Faisons tomber le mythe des rencontres inoubliables de la 3A. Cette année, aussi magique soit elle, n’est pas une année passée au pays des petits poneys. Comme dans chaque endroit les rivalités et les égoïsmes s'immiscent partout. Que faire ? Supporter stoïquement. Quoi qu’il en soit, je ne serai jamais une femme aigrie. Encore moins une jeune femme aigrie. Donc passons.



Hey baby, du siehst so gut aus !


Hey Babe, you look so good ! Tous les matins, on m’annonce que je suis une bonnasse (bon ok c’est la seule traduction française qu’on a trouvé avec Clément) alors que je descends dans le salon en pyjama, les cheveux en pétard et un fond de thé dans mon mug. Merci Georgie, d’avoir violé l’intégrité de notre radiateur mural en griffonnant dessus. C’est bien la seule chose que je sais dire en allemand. Mais damn, elle déchire cette phrase !




Bon avouons le, je n’ai pas grand chose à raconter. Alors à dépit d’avoir un vrai sujet, je m’en vais déverser les détails (non mélodramatiques, promis) de ma vie.
Avouons le, ma vie se résume principalement aux quatre pauvres cours que je suis fidèlement. N’empêche, je me sens hautement intelligente. Je passe avec aisance de Eltsine et ses catastrophes institutionalo-écono-alcoolique de 1993 aux détails raffinés des fresques de Giotto, ce « père de l’art moderne occidental » (dont seuls les italiens, avouons le, en parlent). Il y a d’ailleurs une magnifique petite église à Assisi (Assise en français) d’où venait ce bon vieux François, un fils à papa qui avait décidé dans un élan de stupidité de renier son héritage pour s’en aller prêcher dans la rue à des vieillards édentés. Son succès a valut à Franky de se faire enterrer dans une crypte dégoulinante d’humidité, en plein milieu de la nuit, pour échapper à une foule de fanatiques en rut, venus arracher un orteil au stigmatisé pour s’assurer une vie pleine de prospérité. Entre nous, ce comportement transpire le paganisme. Sachant que cette fiesta se déroulait dans une Italie médiévale hautement papalisée… il y a de quoi se poser des questions ! Mais Giotto donc (car Franky, on en a rien à battre. Son seul intérêt est d’être mort célèbre et d’avoir reçu en cadeau d’admission au paradis une église somptueuse où le grand maître Giotto était venu s’afficher). Si seulement c’était Giotto qui avait peint cette église. Car oui nous étudions Assisi comme exemple de l’art giottesque, alors même qu’elle n’est pas de lui. Ah les méandres des enseignements sydnéyens…
Pour me sentir plus intelligente encore, j’use les bancs d’une classe d’italien quatre heures par semaine (comme ça je sais que fresque vient de fresco, « frais » en italien. Vlan, dans les dents ! ça c’est de la culture G, mon ami). Et si le temps ne me manque pas, je fais des projets de marketing et je reçois des petites étoiles, dessinées soigneusement au marker sur mon bureau en récompense(j’aime les méthodes pédagogiques de Sydney Uni. Un délice).

By the way, l’autre jour j’ai ressorti mon fond de gel douche indonésien (pas par nostalgie je vous rassure !). Senteur : Japanese Spa. Bon quand je me douchai au fin fond de la jungle mundukienne, parmi les fourmis et les araignées géantes, je me sentais bien éloignée de l’ambiance spa. J’ai porté cette senteur telle une fragrance (ouais en fait, je lavais mes fringues avec mon gel douche, à défaut d’avoir de la lessive, qu’on avait paumé au détour d’un bemo) pendant un mois entier. Que de souvenirs !

Enfin, je vous laisse là. Je m’en vais sucer des zubaduba (en réalité ce sont des zuper-duba, mais c’est tellement plus cool de dire ZUBADUBA !!), soit des mister freeze locaux, avec Miss Georgina Smith, l’incroyable trublion qui vit avec moi et que j’adore déjà.

Cadeau, une photo de mon salon et de ma chambre!





Cadeau bis, un extrait des Autumn Monologues de From Autumn to Ashes. On avait fait un jeu une fois, en citant toutes les chansons qui illustraient nos vies. En voilà un de plus:

"Here I'm pinned between darkness and light
Bleached and blinded by these nights
Where I'm tossing and tortured 'til dawn
By you, visions of you then you're gone.

The shock bleeds the red from my face
When I hear someone's taken my place"

samedi 26 février 2011

« Mardi gras est une période festive chrétienne »

« qui marque, en apothéose, la fin de la « semaine des sept jours gras » autrefois appelés jours charnels. Cette période pendant laquelle on festoyait précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême. De nombreux carnavals ont lieu le Mardi gras. »


Merci Wikipédia.


Dimanche 20 février, c’était justement Mardi Gras à Sydney. On nous l’avait annoncé à grand coup de panneaux électriques, de lumières brillantes et d’affiches aux couleurs criardes. Le Victoria Park devait héberger cette manifestation hautement spirituelle.

On se souvient toujours du conseil de rentrée 2010 à propos de Victoria Park : jeunes internationaux, ne vous promenez pas seuls le soir dans le parc. Vous pourriez vous faire dépouiller par de jeunes errants d’origine hautement douteuse (Aborigène donc) qui peuplent le quartier voisin : Redfern.

Ah Redfern… C’est la hantise de tout Australien blond, fraichement diplômé de sa highschool banlieusarde, qui doit s’aventurer dans les abords de Sydney Uni. On entend bien des légendes à propos de Redfern. La gare, les Aborigènes, toussa, toussa. Meurtres, vols, viols même. Un véritable nid de voyous ! De quoi faire frémir toute mère (blonde) de bonne famille, élevant ses fils d’anciens bagnards dans la stricte tradition anglo-saxone. En fait Redfern est un petit quartier sympa comme tout, pas plus Aboriginalisé que les autres et pas plus dangereux que le reste de Sydney. Mais soit, je divague.

Revenons donc à Mardi Gras, Victoria Park et ses joyeusetés. Deux jours durant on a eu droit à des ballets de camions, d’hommes transpirants au soleil dans leurs petites vestes jaunes fluo de travailleurs municipaux, de pancartes et de publicité, de tentes montées en rang parfait entre deux pelouses. Ils nous ont mis le Park sens dessus-dessous pour Mardi Gras.

Le jour venu, au taquet, on s’est lancé. Nuls crêpes ou enfants déguisés en Cléopâtre, en robot ou en Mario dans le Victoria Park. Nul représentant de l’Eglise non plus (et Dieu sait que les Australiens aiment leurs évangélistes, leurs professions de foi et autres particularités chrétienesques. Il n’y a qu’à voir les This is Life, la bande de tarés qui sévit sur le campus et qui passe la moitié du semestre à distribuer des saucisses gratuites au déjeuner pour attirer dans ses rangs de potentiels fidèles. En fait des gens comme vous et moi, affamés entre deux cours, qui profitent de ce qu’on leur offre, sans daigner écouter les speeches sur la meilleure façon de lire son avenir dans ses propres crottes de nez, selon Jésus. Des arrivistes. Des opportunistes. Des hérétiques). Rien de tout ceci donc dans le Victoria Park.

On fouille nos sacs à l’entrée, on nous annonce gentiment que le BYO est interdit (on ne peut donc pas boire son propre alcool à l’événement. Damned ! Moi qui tenait à ma pinte comme tous les dimanches matin !!), on nous demande quelques piécettes de charité et puis on nous convie à écrire un petit mot sur un panneau géant « SAY SOMETHING » : « euuuuh… » Gros blanc. Je m’en vais m’inspirer de mes prédécesseurs.

« Live your life ! » « Be free !! » « Gay and Proud »

C’est pour la parade, me dit-on, pour répondre à mon regard interrogateur.
La parade ? Quelle parade ?

Celle de la gay pride, abrutie !

Ahhhh. Mais… et… et Mardi Gras ? Les crêpes ? Jésus ? Le Carême ? Toussa toussa ?


En fait je déconne. En y allant je savais très bien que c’était un jour célébrant la gay attitude. D’ailleurs ce n’était pas très difficile à deviner. Parmi la foule de badauds, on réussit à repérer quelques merveilles. Tel un stand qui propose aux jeunes étalons de tester leurs fluides. Moi aussi, j’ignore ce que cela signifie concrètement, hein. Je préfère ne pas savoir, je crois. Et vous non plus. Je dois quand même souligner qu’une foule conséquente entourait ce stand.

On y trouve aussi des hommes matures à moustache, déguisés en soubrettes, la Sydney Femme Guild (je ne sais pas pourquoi le nom est en français. La guilde ne comporte peut-être que des Françaises ? Mystère. J’avoue ne pas m’être aventurée trop près du stand), de jeunes parents avec enfants-poussettes-glaces profitant du spectacle, des autos tamponneuses (symbolisant le choc de la rencontre amoureuse peut-être ?), un stand d’acupuncture pour animaux (vaches, chevaux, poulets… il ne faudrait tout de même pas que nos animaux finissent par être trop stressés !), la société des gay nudistes (qui avaient quand même pour l’occasion revêtu de beaux strings rouges, histoire de ne pas choquer les jeunes parents avec enfants-poussettes-glaces). Entre autres.

Et puis bien sûr l’incontournable société des gays chrétiens ! Eux au moins se rattachaient à l’origine étymologique de ce Fair Day. Certes, je doute que Benoît XVI et ses cardinaux en jupette voient d’un très bon œil les gay christians. Mais on ne peut pas leur reprocher de ne pas être dans le thème !

Tout ça pour dire qu’en Australie, les évangélistes ont beau assiéger les campus universitaires, en nous matraquant à coup de « Jesus is Lord » sur des t-shirts vert criard, ils n’ont toujours rien compris aux principes du Christianisme.
A moins que nommer la pré-gay pride Mardi Gras ne soit qu’une très obvious provocation. Dans ce cas, chapeau bas les Australiens !

Je dis bien pré-gay pride parce que le vrai événement culturel de Sydney n’est pas le miteux Fair Day du Victoria Park, mais la méga parade du 5 mars, se déroulant à Oxford St, le quartier définitivement labélisé GAY par le monde entier. A défaut d’avoir des expositions artistiques palpitantes, des concerts assourdissants, Sydney héberge cette géante gay pride (ainsi que le Flu Tag de Redbull). C’est ce qu’on appelle une vraie culture underground. C’est beau, c’est grand (grandiose même), c’est Sydney.

De quoi me faire un autre article (si je ne me fais pas piétiner entre deux chars à la gay pride, samedi prochain).

mercredi 23 février 2011

Is your room still available?

Hi my name is Maria, I’m student at Sydney Uni. I just saw your ad on Gumtree… I was wondering, is your room still available? No? Too bad (DAMMMMMMIIIIT, interieurement). Cheers!

Good Luck miss!

(Bastard)









Un peu de chiffres:

11 jours à Sydney et 11 jours de homeless attitude.
3 nuits dans le YHA Glebe Backpacker dans une super chambre à deux
3 nuits dans le même YHA, mais dans une chambre à 5 à présent, avec un Anton qui se couche avant 23h et se lève bien après 8h (bordel, on ne va vraiment pas s’entendre sur les horaires, Anton !)
3 nuits dans une chambre avec 3 autres chicas (ambiance sous vêtements par terre, brosse à cheveux dans le lavabo et Cosmos en tapis de sol).
3 jours de squattage chez Alice à Stanmore
4 jours supplémentaires à crécher Dieu sait où.

D’échec en échec, mon budget s’est réduit et mes standards de vie aussi.

Je suis officiellement homeless pour le deuxième semestre.

Pourquoi ?

Parce que :

1 refoulage chez mon ancien proprio
2 chambres trouvées par hasard en tapant à des portes random
4 chambres passées sous mon nez
4 castings passés (et ratés) pour 4 chambres terribles !
6 visites par jour en moyenne
20 visites à Shepherd St, Abercrombie St et King St
33h passées a la Sci Tech/cybercafé

… sans résultat.

Et parce que :


6 déjeuners au Thai La Ong
11 diners au Broadway Food Court
19 pauses pipi au Broadway Shopping Center
46 cafés au Parma

Sans oublier:

243 actualisations de la page Gumtree.


Je suis donc devenue une backpackeuse d’enfer. Enfin une backpackeuse avec une valise (faut pas déconner. L’Indonésie et la Tasmanie, ça passait encore. On pouvait se permettre d’être clodo. Mais là on est revenus à la civilisation, non mais oh !)

Comment reconnaitre une backpacker-addict ?

1. Je sais comment me déshabiller/habiller/maquiller/démaquiller/coiffer/fouiller dans ma valise/manger/me brosser les dents, dans le noir absolu sans réveiller mes colocataires
2. Je sais quelles douches sont toujours sales, quelles douches ont la meilleure pression et lesquelles n’ont jamais d’eau chaude
3. Je peux faire le chemin chambre/toilettes dans le noir, à cloche-pied
4. Je passe plus de temps a la bibliothèque de l’uni/dans le bus/au Broadway Center/chez les autres que dans ma chambre
5. Je n’ai pas fait un vrai repas depuis 13 jours
6. Je me nourris de café et de muffins ou de repas au food court à 10 dollars
7. Le gars du backpacker m’a filé une carte de fidélité
8. 80% de mes affaires sont enfermées dans un long-terme storage au backpacker
9. Ma vie tient dans mon sac à main


Apres 11 jours à écumer tous les sites de logement à Sydney, les résultats sont décevants: de multiples échecs et une seule possibilité: vivre à Perpette-les-oies, à St Peters, une ville desservie par UN bus et UN train. En se fiant à la régularité des moyens de transports sydneyens, il y a de quoi flipper.
Adieu Chippendale, adieu Glebe, adieu Newtown. Adieu même Enmore. Adieu la proximité avec l’uni.
Bonjour semestre de la galère transportesque.


Quand je reviendrai à pieds d’une soirée au CBD, à moitie bourrée, les pieds en compte, et les cheveux en bataille, je penserai à tous ceux qui vivent dans des endroits vraiment desservis par le bus, atteignables à pieds, à tous ceux qui connaissent les joies du métro. Et je les maudirai (ou alors j’irai me jeter dans le Sydney Harbour. Au choix).


Petite actualisation :

Aujourd’hui, 19h37 : j’ai enfin une maisoooooooooooooon sur ABERCROMBIE ST.
Bon ok, je dois attendre mercredi prochain pour emménager. Bon ok, ma chambre fait 8 mètres carrés. Bon ok, le lit prend les 9/10 de la chambre.
Mais j’ai une chambre ! A Darlington. A 30s de l’Uni. A 2 minutes de chez Marie. A 6 min de chez Juliette.

Finalement, je n’irai peut-être pas me jeter dans le Sydney Harbour, bourrée, les pieds en compte, à la sortie d’une soirée.

lundi 21 février 2011

Paris, tu nous ouvres ton coeur, et tout dans Paris est bonheur...

Bras dessous, dessus, tout au long de la rue, voilà tout Paris qui te chante éperdu… oh la la, oh la la, OH LA LA !


Bon ok j’ai trop regardé « Anastasia » et la simple évocation de Paris et des Champs-Élysées me fait penser à la belle rousse dansant dans la neige Saint-Pétersbourgeoise, attendant son heure parisienne. Mais après tout, la fille me ressemble. Ok je ne suis pas la fille disparue de Nicolas II, mais la miss est une russe, rêvant d’aller à Paris pour y trouver le bonheur. De là à tracer un parallèle avec moi, il n’y a qu’un pas… « Ensemble à Paris » disait son médaillon.
Ensemble à Paris, pour nous toutes, dans 4 mois. Oh la la… Oh la la !

Mais voilà que je divague. Je n’avais que trois semaines en France, et trois jours à Paris. Trois jours d’un froid glacial, trois jours de déambulations à travers des rues bondées de passants pressés. Trois jours à photographier un peu partout, chaque immeuble, chaque passant, chaque poubelle… (oui je suis un peu obsessionnelle dans mes amours).

Je ne raconterai pas mes tribulations parisiennes, elles ne vous intéresseraient pas. Elles se résumeraient en chaussures, sacs à main et blablatage avec de vraies amies, en cafés pris entre deux courses à travers la ville, en restaurants nocturnes et en BONS vins à 3 euros (oubliez le goon, et toutes les picquettes australiennes. Halléluia, le paradis existe. Il s’appelle Paris. Il s’appelle la France). Non j’exagère, je ne suis pas SI matérielle (après tout j’ai un passé indonésien et tasman derrière moi pour en témoigner. Photos à l’appui).
J’ai beau avoir débarqué de l’avion à Nice en UGGS, teint hâlé, mais cheveux non lavés et vieux hoodie sur le dos (en mode australienne dégueue, donc), j’ai bien vite repris mes habitudes françaises. Je suis une aventurière dans l’âme. Certes parce que je peux gravir le mont Bromo en pleine nuit, sans lumière et sans oxygène. Cette partie de moi était effectivement un mystère caché, qui s’est brutalement révélé (non pas sans quelques larmes, au sommet du dit Bromo). Mais n’oublions pas que je suis de celles qui peuvent faire un changement à Châtelet à 18h, perchée sur des talons de 12, et le tout en moins d’une minute cinquante, après avoir passé 9h à jongler entre la rue Saint Guillaume, Saints-Pères et le fichu Boulevard Saint-Germain. Paris est une aventure en soit. A côté de la foule hystérique des travailleurs parisiens à l’heure de pointe dans le métro, même les Javanais sont un modèle d’éducation.
Alors suis-je devenue une vraie aventurière, mature et sûre de moi comme on me l’a si souvent fait remarquer lors de mon passage en France ? Ou suis-je restée la même, aventurière dans ma superficialité ?


Mais je divague encore. Si je me lance sur les différences entre la France et l’Australie, je pondrai surement un article sérieux (et ennuyeux). J’attendrai pour cela le 17 mai et la rédaction de mon rapport de séjour d’études. Après tout, il est justement sensé se focaliser sur un tel sujet.

Alors restons pour l’instant en France. Oublions l’Australie. Plongeons un instant dans les merveilles parisiennes. J’aime me plaindre et je choisis toujours des sujets où je peux m’en donner à cœur joie (le lecteur comprendra bien vite pourquoi).

Tout commençait plutôt bien. Dernière matinée à Paris. Dernière petite course à faire, rue de Rennes avant de filer par TGV vers le sud, ma terre quasi-natale. Je laisse donc ma hôte pour quelques heures, histoire de faire la dite course. Arrivée sur place, déception : la boutique est fermée. Qu’à cela ne tienne, je suis munie de mon blackberry ! Haha. Fini les Nokias viellots (passés à la machine entre temps, à Melbourne. « Bordel mais où ai-je mis mon portable ? Ah oui je sais ! Dans la poche de mon jean. Bordel mais où est mon jean ?? Dans la machine… Ah »). En deux clics (qui m’ont quand même pris 15 minutes, vu que mes doigts littéralement gelés, -4°C dans les rues de a capitale) je localise une boutique semblable à Saint Lazare. Horreur et damnation. Je sens que ça va être ma fête. A part les Galléries Lafayettes je n’ai jamais été foutue de trouver quoi que ce soit dans ce quartier. Je ne sais même pas différencier le boulevard Haussmann de Trinité. Mais je suis optimiste, je me lance.

Trois derniers tickets de métro, je n’ai pas intérêt à me foirer. Dommage ! Je prends le mauvais métro (ça m’arrive allez… une fois par an ? Il fallait que ce soit ce jour là bien sûr. Sinon, ce n’est pas drôle).

Coûte que coûte je parviens à Saint Lazare (après 10 changements douteux). Les yeux rivés sur mon GPS je cherche la bonne rue… Lorsque je réalise que je n’y suis pas du tout. M’apprêtant à repartir dans l’autre sens, je sens mon monde s’écrouler. Blackout total. Mon BB affiche un écran blanc. « Désolé ma poule, il fait trop froid pour moi, je m’en vais hiberner », semble-t-il me dire. Rien n’y fait, ni mes supplications, ni mon acharnement sur les boutons. BB refuse ce froid glacial. Je suis déjà à deux doigts de balancer BB dans la Seine (ouais bon niveau orientation c’est pas ça. La Seine n’est pas là du tout. Mais alors DU TOUT).

A deux doigts d’abandonner (après 30 minutes de marches en rond entre les galeries Lafayettes et le Printemps), je pige enfin (grâce à l’aide d’une carte municipale judicieusement placée pour les débiles comme moi) que la rue Saint Lazare longe Trinité. Je me lance, les pieds en compote et le nez à deux doigts de s’émietter, vu sa glaciation avancée. Après encore quelques péripéties (telle un numéro d’immeuble mal renseigné sur le site de la boutique), je trouve enfin mon bonheur. Enfin je trouve la boutique (mais c’est déjà un vrai bonheur), mais pas ce que je cherchais dedans.

Tant pis, je rentre bredouille. Rien ne pouvait être pire de toute façon. C’est bien ce que je pensais, naïve. Mon train partait en fin d’après-midi et une heure avant, mon amie me force à partir (le métro, toussa, toussa, on ne sait jamais). Je saute donc dans le RER gare Etoile-Charles-de-Gaulle, à 20 min à peine de la gare de Lyon. Arrêt à Auber. Une minute. Deux minutes. Dix minutes. Heuuuu…
Entre deux cris de voyageurs énervés je parviens à capter qu’un coli piégé à Gare de Lyon bloque le trafic. Ah ben ça tombe bien, pour aller de Auber à Gare de Lyon il n’y a pas moins de 3 lignes de métro. Et il ne me reste plus qu’une demi-heure.

Me trimballant ma valisée infirme (elle avait perdue une roue dans l’un de ses nombreux voyages) dans les couloirs des métros, je parviens à émerger à gare de Lyon à 16h15. Le TGV partant à 16h19. C’est toujours ces jours là qu’on a une folie envie de damner la précision légendaire des TGV.

Il n’y a rien au monde de plus jouissif que d’arriver en retard à gare de Lyon et d’apprendre que son train part du quai 21, soit un quai séparé des sorties de métro par une jungle de voyageurs transpirants, s’entassant dans de longs couloirs. Je sprinte, tirant ma valise derrière moi comme je le peux.

« La gare est en travaux, mademoiselle, vous ne pouvez pas passer ici. »

Damned ! « Mon train part dans 2 minutes, laissez moi passer ! »

« Présentez votre titre de transport, s’il vous plait mademoiselle »

« Mais mon train EST LAAA, A QUAI ! LAISSEZ MOI PASSER. »

« Ah oui… le train de 16h19 ? Dépêchez-vous »

Bordel.

Quai 21, 16h18 et vingt secondes. J’avais déjà perdu un poumon en Tasmanie, souvenez vous, voilà que je manque de perdre le deuxième. La chance me sourit pour une fois : mon wagon est le premier. Je saute dedans, le visage aplati contre la porte, les quatre fers en l’air. J’y suis. Amen. Attention à la fermeture automatique des portes. Soufflant comme un bœuf, je m’installe dans mon siège, et maitrise ma crise de nerf comme je le peux à coup de mots fléchés, gracieusement prêtées.

3h15 de route, sans péripéties. Je me fais quand même engueuler par le contrôleur (oui je n’ai pas eu le temps de composter mon billet). SNCF, mon amour.


Deux heures et quarante cinq minutes plus tard le train s’arrête en gare de Nîmes. 50km de Montpellier. Cinq minutes passent, puis dix. Je commence à rigoler doucement. C’est un test, une caméra cachée. Un canular joué par le vieux monsieur au ciel, pour vérifier mon degré de patience (il le sait bien pourtant, j’en ai aucune). Mais non, tout est vrai. « Suite à un accident sur un passage à niveaux à Lunel notre TGV est bloqué en gare de Nîmes pour un temps indéterminé ». C’est le pompom. Ne s’offre à moi que l’immolation par le feu.

Ma famille me sauve d’un suicide (qui aurait causé un deuxième accident sur les voies et une belle pagaille sur le TGV Sud-Est pour toute la nuit). Après une attente de 45min dans le froid mordant, on me récupère enfin en voiture. A l’heure où je partais enfin, le train était toujours en gare.
Secrètement, tout au long du reste du voyage, j’attendais une panne d’essence ou une autre connerie de ce genre. Mais étonnement, rien de tel ne nous arriva.

Quelle galère.
Oh la la.